Ces dernières semaines, YouTube en plus d’améliorer ses différents formats, a renforcé son arsenal de mesures visant à limiter l’utilisation de bloqueurs de publicité par les internautes. La plateforme de vidéos détenue par Google teste plusieurs nouveaux dispositifs qui compliquent l’expérience des utilisateurs non-abonnés à son offre Premium.
Parmi les changements récents, l’apparition de pop-up intrusifs avant le lancement de chaque vidéo. Certains affichent un compte à rebours de 30 à 60 secondes impossible à ignorer avant la lecture. D’autres bloquent carrément la lecture pendant une période minimale de 30 secondes. En parallèle, les messages appelant explicitement les utilisateurs à désactiver leur bloqueur de pub ou à souscrire un abonnement Premium se font plus insistants et répétés.

Ces restrictions graduelles visent à rendre l’utilisation de YouTube de plus en plus pénible sans abonnement payant. Afin de pousser les internautes à franchir le pas.
Une stratégie assumée pour promouvoir l’offre YouTube Premium
Ces nouvelles mesures restrictives s’inscrivent dans la stratégie officielle de YouTube visant à convertir une partie significative de ses utilisateurs gratuits à ses offres payantes Premium et Premium Music.

Depuis plusieurs années, la plateforme n’a cessé d’augmenter le nombre et la durée des coupures publicitaires imposées aux non-abonnés. Elle a également introduit des limitations, comme l’impossibilité de lire les vidéos en arrière-plan sur mobile sans payer.
En parallèle, YouTube n’a de cesse de mettre en avant les avantages « exclusifs » procurés par un abonnement Premium. Outre l’absence totale de publicité, la firme vante la lecture en arrière-plan, la possibilité de télécharger les vidéos ou encore la qualité HD1080p. Les tarifs de Premium ont d’ailleurs été revus à la hausse récemment en France, passant à 12,99€ par mois.
Une stratégie assumée pour pousser à la conversion au payant.
Des utilisateurs de plus en plus mécontents
Sur les réseaux sociaux, de nombreux utilisateurs de YouTube expriment leur mécontentement face à ce qu’ils considèrent comme une politique agressive. Ils dénoncent une dégradation continue de l’expérience utilisateur sur la plateforme, avec la sensation désagréable d’être « forcés » à payer un abonnement Premium pour retrouver un confort de visionnage acceptable.
Certains adeptes de bloqueurs de publicité tentent bien de résister en contournant les restrictions via des VPN, mais cette parade risque de n’être que temporaire face aux ressources technologiques de Google.
L’ampleur prise par cette grogne représente un risque dans la stratégie de YouTube, en termes d’image mais aussi d’audience à long terme.
Quel avenir pour les annonceurs ?
YouTube représente une plateforme incontournable pour les annonceurs souhaitant toucher un large public, notamment les spectateurs les plus jeunes. Avec 2 milliards d’utilisateurs mensuels, le potentiel est immense.
Cependant, l’utilisation généralisée de bloqueurs de publicité rogne une partie des revenus publicitaires de la plateforme. Et ce alors que les tarifs des espaces sponsorisés ne cessent d’augmenter.
En durcissant la position contre les bloqueurs de pubs, YouTube répond aux attentes des annonceurs désireux de voir leurs campagnes diffusées efficacement. Mais cette politique risque aussi de susciter un rejet d’une partie du public.
Un équilibre délicat que les annonceurs suivront de près. Entre visibilité maximale et environnement préservant l’expérience utilisateur. Le pari de YouTube est risqué, et certains annonceurs pourraient se montrer méfiants face à la grogne grandissante.
En durcissant toujours plus sa position, YouTube marche sur une ligne de crête délicate. La plateforme doit trouver un équilibre entre une monétisation accrue de ses contenus et la préservation de son immense audience, construite originellement sur un modèle entièrement gratuit.
Les prochaines semaines diront si ces mesures répétées finiront par pousser les utilisateurs à franchir le pas de l’abonnement payant. Ou si au contraire, la politique jugée coercitive de YouTube provoquera in fine un rejet massif, faisant potentiellement les affaires de concurrents.
L’issue de ce bras de fer entre la filiale de Google et les adeptes de visionnage gratuit reste donc encore très incertaine.