Meta écope d’une amende de 88.500 euros par jour en Norvège pour poursuite de publicités ciblées intrusives

Le géant américain Meta se retrouve une nouvelle fois dans le collimateur des autorités, la Norvège décide de les amender.
Meta écope d'une amende de 88.500 euros par jour en Norvège pour poursuite de publicités ciblées intrusives
Meta amendé de 88.500 euros par jour en Norvège pour poursuite de publicités ciblées intrusives illégales. © Montage Mon Petit Site

Le géant américain Meta se retrouve une nouvelle fois dans le collimateur des autorités européennes pour ses pratiques en matière de collecte de données personnelles. Le régulateur norvégien vient en effet d’infliger à la maison-mère de Facebook une amende de 88.500 euros par jour, à partir du 14 août prochain. En cause, la poursuite par Meta de publicités ciblées jugées intrusives et illégales, malgré l’interdiction prononcée par les autorités norvégiennes. Une énième sanction qui démontre la difficulté de Meta à se conformer au cadre européen sur la protection des données personnelles.

Les griefs du régulateur norvégien envers Meta

Le régulateur norvégien Datatilsynet pointe du doigt les pratiques du géant américain en matière de ciblage publicitaire, qui repose sur une collecte abusive des données des utilisateurs de Facebook et Instagram.

Meta écope d'une amende de 88.500 euros par jour en Norvège pour poursuite de publicités ciblées intrusives
Autorité norvégienne de protection des données. © datatilsynet.dk

Géolocalisation, centres d’intérêt, publications… toutes ces données sont exploitées pour proposer des publicités ultra-personnalisées. Mais cette surveillance constante contrevient directement au droit fondamental à la protection des données et de la vie privée, selon Datatilsynet. Sont également montrés du doigt les risques de dérive, avec l’utilisation de données sensibles pour cibler des publics vulnérables – mineurs, seniors, personnes atteintes de troubles cognitifs. Autant de pratiques contraires à la réglementation sur les données personnelles d’après le régulateur norvégien.

Les mesures insuffisantes de Meta et les sanctions prononcées

Face à ces graves manquements, Datatilsynet avait ordonné début juillet l’interdiction temporaire pour L’entreprise de Mark Zuckerberg de proposer des publicités ciblées aux utilisateurs de Facebook et Instagram en Norvège. La firme américaine avait jusqu’au 4 août pour apporter des mesures correctives suffisantes. Mais visiblement, les changements initiés par l’entreprise n’ont pas convaincu le régulateur. Notamment la demande de consentement aux utilisateurs pour l’exploitation de leurs données à des fins publicitaires, jugée trop lacunaire. Les délais de mise en conformité ont également été pointés du doigt, Meta évoquant plusieurs mois avant une pleine application des mesures. Face à ces engagements insuffisants, la sanction est tombée : une amende d’un million de couronnes par jour, à partir du 14 août. Soit potentiellement une facture de 7,3 millions d’euros d’ici début novembre 2023, si Meta ne se plie pas aux exigences de Datatilsynet. Et l’amende pourrait même devenir permanente.

Ce n’est pas la première fois !

L’amende norvégienne s’inscrit dans une longue liste de sanctions infligées à La maison-mère de Facebook pour non-respect des règles européennes sur les données personnelles. On pense notamment à l’amende record de 1,3 milliard de dollars décidée en mai 2022 par le régulateur irlandais. Ou encore à l’amende de 265 millions d’euros décidée la même année par les autorités allemandes. Preuve que malgré les nombreux rappels à l’ordre, Meta persiste dans sa collecte massive de données à des fins publicitaires, en violation du cadre légal européen. Un point de frictions récurrent avec les régulateurs du Vieux Continent, qui ont à cœur de faire respecter le RGPD.

Cette nouvelle amende salée venue de Norvège démontre l’incapacité de Meta à se plier aux règles européennes sur la protection des données. Malgré les mises en garde répétées des régulateurs du Vieux Continent, le roi de la publicité ciblée persiste dans des pratiques intrusives condamnées. Reste à savoir si cette énième sanction aura raison des réticences de Meta à abandonner son modèle économique fondé sur l’exploitation des données personnelles. La bataille judiciaire entre le géant américain et les autorités européennes est loin d’être terminée.

Partager l'article
Facebook
Twitter
LinkedIn
WhatsApp
Email