Référencer naturellement son site pour qu’il apparaisse dans les premières positions des moteurs de recherche est devenu un enjeu crucial pour toute activité en ligne. Être visible sur Google ou Bing permet d’attirer massivement des visiteurs qualifiés, de développer sa notoriété et donc de booster ses revenus. Un graal que des milliers d’entrepreneurs du web tentent d’atteindre.
Même si Google truste outrageusement le marché avec plus de 90% de parts, son challenger Microsoft Bing commence à pointer le bout de son nez et représente sur certains segments une part non négligeable des recherches. Il devient donc indispensable d’optimiser sa stratégie pour ces deux géants du web, qui présentent encore des divergences fondamentales. Petit tour d’horizon des 7 principales différences à connaître sur le bout des doigts avant de se lancer à l’assaut des sommets du SEO.
Google vs Bing : le combat du mammouth contre le fennec
Imaginez un mammouth débarquant dans la savane africaine… Voilà un peu ce qu’a dû ressentir le monde de la recherche sur Internet quand Google a fait son entrée tonitruante dans les années 2000. Avec son algorithmique innovante et sa rapidité fulgurante, la firme de Mountain View n’a fait qu’une bouchée de ses concurrents.
Aujourd’hui, c’est simple : 9 requêtes sur 10 tapées par les internautes le sont via Google. Le moteur truste plus de 90% des parts de marché selon les régions, écrasant totalement ses concurrents. Même les géants du web semblent des nains face au mastodonte Google. Face à ce colossal mammouth, Bing fait figure de fennec du désert. Le moteur lancé par Microsoft en 2009 peine à se faire une place au soleil. Ses parts de marché plafonnent péniblement à 2 ou 3% selon les estimations. Un score famélique face à l’empire Google.
Pourtant, petit à petit, le fennec grignote du terrain et se fraie un chemin, notamment grâce à des innovations constantes en matière d’intelligence artificielle. Sur certains segments de recherche bien spécifiques (local, commercial…), Bing parvient même à capter jusqu’à 20% des requêtes ! Une performance encourageante qui démontre son potentiel.

Alors le match entre Google et Bing est-il déjà plié d’avance ? Pas si sûr. Car derrière leurs interfaces épurées qui se ressemblent, subsistent encore des divergences fondamentales. Examinons de plus près les secrets de cette rivalité technologique.
Les 7 principales différences entre Google et Bing
Différence #1 : Les algorithmes de classement
L’algorithme PageRank a fait la fortune de Google. Basé sur les liens entrants, il permet de mesurer l’autorité d’une page sur une thématique. Au fil des années, Google n’a eu de cesse de perfectionner sa formule secrète en y intégrant des centaines de nouveaux signaux, comme la vitesse de chargement des pages. On estime que plus de 200 critères sont désormais pris en compte dans l’algorithme actuel, même si seul Google connaît la recette exacte.
De son côté, Bing mise sur sa technologie maison RankNet qui utilise un réseau de neurones pour comprendre le sens des recherches et déterminer les pages les plus pertinentes. Contrairement à Google, Microsoft a rendu publique une partie des critères analysés par Bing. On parle de plus de 1000 signaux différents pour établir le classement ! Vitesse de chargement, requêtes précédentes, localisation… autant de facteurs passés au crible des algorithmes de Bing.
Ces algorithmes ultra-sophistiqués évoluent constamment. Google et Bing livrent une bataille sans merci en coulisse pour s’arroger la suprématie algorithmique. À ce petit jeu, Google bénéficie de ses 25 ans d’expérience dans le secteur et de la masse de données collectées sur les internautes. Mais Bing continue d’innover et pourrait créer la surprise.
Différence #2 : L’indexation du contenu
Autre différence technologique majeure : Google indexe nettement plus de pages web que Bing. Sans surprise, Google recense environ 130’000 milliards de pages web contre « seulement » quelques centaines de milliards pour Bing. L’indexation représente un enjeu colossal, puisqu’elle détermine les pages qui pourront apparaître dans les résultats de recherche.
Pour les webmasters et spécialistes SEO, ce fossé en matière d’indexation a de vraies implications. Comment s’assurer d’être présent à la fois sur Google ET sur Bing quand l’un indexe nettement plus de pages ?
Plusieurs bonnes pratiques sont à mettre en place pour faciliter le travail des robots d’indexation des deux moteurs :
- Optimiser ses balises title, description et meta pour chaque page
- Soigner la structure interne de son site avec une architecture d’URLs cohérente
- Produire du contenu de qualité, mis à jour régulièrement
- Utiliser les outils de suivi d’indexation fournis par Google et Bing
Un travail d’orfèvre pour exister à la fois sur le mammouth et sur le fennec !
Différence #3 : La recherche locale
En matière de recherche locale, Google survole largement la concurrence grâce à l’intégration poussée de Google Maps. Les recherches géolocalisées (restaurants, commerces, services à proximité) se font majoritairement directement sur Maps.
Du coté de Bing, l’intégration de cartes et de résultats locaux est nettement moins aboutie. Pour performer en local, Bing mise sur sa base de données Bing Places for Business où les enseignes peuvent renseigner leurs informations pratiques.
Les bonnes pratiques pour un référencement local optimal diffèrent donc sur les deux moteurs :
- Google : s’assurer d’avoir une fiche Google Business Profile complète et mise à jour régulièrement
- Bing : renseigner et valider sa fiche sur Bing Places, avec toutes les informations requises
L’ajout de rich snippets (horaires, adresse, coordonnées) sur les pages de son site reste également un excellent moyen de booster son référencement local, aussi bien sur Google que Bing.
Différence #4 : La recherche vocale
Avec l’essor des assistants vocaux comme Alexa ou Google Home, la recherche vocale s’impose peu à peu comme un nouveau paradigme. Et sans grande surprise, c’est Google qui domine outrageusement ce secteur grâce à Google Assistant. Avec plus de 90% de parts de marché, la firme de Mountain View écrase littéralement la concurrence.
De son côté, Bing s’est doté de son propre assistant vocal nommé Cortana. Mais malgré des fonctionnalités innovantes, Cortana accuse un gros retard face à la domination de Google Assistant.
Pour exister dans un monde de plus en plus vocal, les stratégies diffèrent donc selon le moteur :
- Google : optimiser pour les requêtes conversationnelles du type « Ok Google, où trouver un bon restaurant italien à Paris ? »
- Bing : cibler également Cortana, mais surtout les enceintes Alexa d’Amazon qui acceptent plusieurs assistants vocaux.
La bataille fait rage entre les géants du web pour s’accaparer ce marché d’avenir. Et Cortana aura fort à faire pour rattraper Google Assistant.
Différence #5 : Le design et l’interface
À première vue, difficile de différencier Google et Bing tant leurs interfaces se ressemblent : design épuré, prédominance de la zone de recherche, logos discrets en haut de page…
Mais à y regarder de plus près, quelques subtilités émergent :
- Bing met davantage en avant les photos et la recherche visuelle. On note aussi plus de fonctionnalités en réalité augmentée pour la recherche de produits.
- Google intègre directement plus de résultats enrichis (météo, sports, connaissances…) sans quitter la page des résultats de recherche.
- Bing arbore des couleurs plus vives quand Google joue la carte de la sobriété. Une symbolique de leur positionnement respectif ?
Malgré ces petites différences, le constat est clair : ni Google ni Bing ne prennent de risques design pour se démarquer. La priorité reste la rapidité et la simplicité d’utilisation.
Différence #6 : La personnalisation des résultats
Grâce à ses années d’existence et à la masse de données accumulées sur ses milliards d’utilisateurs, Google s’est imposé comme le champion de la personnalisation des résultats de recherche. Localisation, historique de recherche, centres d’intérêt… tout est analysé en temps réel pour servir des résultats sur-mesure.
De son côté, Bing s’est également lancé dans la personnalisation avec des fonctionnalités comme « Mon Bing » qui mémorise les préférences de recherche des utilisateurs. Mais dans les faits, la personnalisation des résultats reste encore très limitée comparé aux prouesses dont est capable Google.
Pour les spécialistes SEO, cette divergence a des implications claires. Sur Google, l’enjeu sera de produire du contenu hyper-ciblé et cohérent avec les attentes utilisateurs. Sur Bing, une stratégie plus large reste pertinente pour ratisser au maximum.
Différence #7 : Les publicités et le shopping
Sans surprise, c’est encore Google qui rafle la mise sur le lucratif secteur des liens sponsorisés. Avec Google Ads, la firme de Mountain View s’accapare l’essentiel des budgets des annonceurs. Et pour cause : la fréquentation colossale du moteur en fait un canal incontournable.
Du côté du shopping, même constat : Google Shopping s’impose grâce aux habitudes des internautes. Malgré des efforts louables avec Bing Ads et Microsoft Advertising, Bing peine à exister face à l’empire publicitaire Google.
Pour toucher un maximum d’audience, les stratégies payantes restent donc radicalement différentes :
- Google : miser sur les campagnes Google Ads et Google Shopping
- Bing : explorer le potentiel de Bing Ads et Microsoft Advertising, à plus petite échelle
Adapter sa stratégie SEO selon le moteur Bing ou Google
Bien qu’ils soient tous deux des moteurs de recherche majeurs, Google et Bing nécessitent des approches sensiblement différentes en matière d’optimisation SEO. S’ils partagent des similarités techniques, leurs algorithmes respectifs et leurs parts de marché divergentes impliquent d’adapter sa stratégie en fonction du moteur ciblé.
Alors que Google impose une expertise SEO pointue du fait de sa domination sur le marché, Bing peut offrir des opportunités intéressantes pour se positionner. Voici les principaux éléments sur lesquels il est recommandé d’apporter une différenciation dans sa stratégie de référencement.
La sélection des mots-clés / thèmes cibles, Bing est moins concurrenciel
La sélection des mots-clés est une étape cruciale du SEO qui doit être adaptée au moteur visé.
Pour Google, si vous débutez et que vous n’avez pas encore une forte autorité dans votre domaine, il est fortement recommandé d’adopter une stratégie de longue traîne en ciblant des requêtes précises de 3-4 mots et plus. Par exemple « acheter chaise de bureau ergonomique Paris » ou « formation Excel expert certifiante ». L’avantage est que ces milliers de mots-clés de longue traîne sont peu compétitifs et permettent de gagner des positions rapidement. Le volume mensuel est plus faible, peut-être entre 100 et 1000 requêtes par mois, mais le trafic s’additionne.
A contrario, Bing autorise à cibler frontalement des mots-clés principaux à très gros volumes comme « immobilier » ou « assurance auto », qui nécessitent une expertise SEO poussée sur Google. La concurrence étant moins féroce, il est envisageable de se classer sur ces requêtes premium ultra convoitées, générant des milliers de visites chaque mois.
Il faut donc bien analyser le potentiel de chaque moteur et sélectionner les mots-clés en conséquence : longue traîne sur Google, requêtes majeures sur Bing.
La nature du contenu éditorial diffère entre Google et Bing
Google nécessite du contenu éditorial extrêmement précis, presque sur-mesure, en adéquation parfaite avec chaque requête. Par exemple, pour la recherche « poussette canne jané », il faudrait un article dédié du type « Quelle est la meilleure poussette canne Jané en 2022 ? » et non un contenu vague sur les poussettes.
Cette ultra personnalisation avec une approche « longue traîne » éditoriale est indispensable pour satisfaire les attentes des utilisateurs Google. Chaque segment d’internautes doit trouver un contenu parfaitement en phase avec son intention de recherche.
Sur Bing, des contenus plus génériques autour d’un thème global sont encore efficaces. Par exemple un article « Comment choisir sa poussette canne » sans viser une requête précise. L’algorithme semble accorder moins d’importance au degré de personnalisation éditoriale.
L’importance de l’autorité du site
Sur Google, les sites établis de longue date et référents sur leur créneau sont favorisés. Par exemple un site comme doctissimo.fr bénéficie d’une prime « d’ancienneté » pour le terme « santé ». Les algorithmes comme PageRank (ou ses versions plus modernes) valorisent cette autorité construite dans le temps.
Bing use d’une approche moins élitiste. Des sites plus récents ou de niche peuvent performer, même sans autorité historique. Il est possible de cibler des requêtes de longue traîne sans forcément bénéficier d’une antériorité sur le sujet traité. L’algorithme se focalise moins sur la « réputation » du site.
La vitesse et la performance de votre plateforme web
La rapidité de chargement des pages est devenue une obsession pour Google au nom de l’expérience utilisateur. Un délai de seulement 2-3 secondes fait drastiquement chuter le taux de rebond.
Bing se montre un peu plus tolérant. Quelques secondes supplémentaires de chargement ne sont pas rédhibitoires, même si la performance reste un facteur positif. On peut donc se permettre une vitesse légèrement inférieure sur Bing par rapport aux standards exigeants de Google.
L’importance des backlinks
Les backlinks de qualité sont indispensables pour exister sur Google. Par exemple, être cité par des sites référents comme Le Monde ou l’Express apporte une crédibilité maximale sur des sujets d’actualité. Difficile de percer sans une stratégie de netlinking efficace.
Sur Bing, le nombre et l’autorité des sites référents qui linkent vers vous semblent moins déterminants. Quelques backlinks restent positifs, mais l’accent semble moins mis sur ce facteur historique du SEO. Il est possible d’attirer du trafic sans netlinking massif.
L’optimisation locale
Concernant l’optimisation locale, chaque moteur a sa plateforme de référence :
- Google Business Profile pour Google : renseigner les moindres détails comme les horaires spécifiques, le parking, les photos de la façade et du personnel.
- Bing Places for Business pour Bing : saisir ici également des informations précises (adresse, numéro de téléphone, etc).
Répondre aux avis, mettre à jour les informations sur les deux plateformes régulièrement font partie des bonnes pratiques. Mais il est crucial de renseigner sa fiche locale spécifique à chaque moteur.
L’heure du match retour entre Google et Bing n’a pas encore sonné. Le mammouth Google conserve une avance écrasante, même si le fennec Bing commence à grignoter des parts de marché sur certains segments.
Entre algorithmes, indexation, assistants vocaux, publicité ou shopping, les deux moteurs présentent encore des divergences fondamentales. Pour exister, les spécialistes du référencement n’ont d’autre choix que d’adopter une stratégie sur-mesure pour chacun. Même si son retard semble difficile à rattraper, Bing dispose de sérieux atouts et pourrait créer la surprise à l’avenir, notamment au travers de son approche liée à l’intelligence artificielle.