La course à l’innovation bat son plein à Washington pour contrer la recrudescence des cyberattaques. Mercredi, la Maison Blanche a annoncé le lancement d’un concours doté de 18M de dollars pour développer des technologies en cybersécurité. L’arme fatale ? L’intelligence artificielle, que l’administration Biden-Harris voit comme la clé de voûte des défenses numériques de demain.
La Maison Blanche et la DARPA lancent le ‘AI Cyber Challenge
C’est à la DARPA, célèbre agence de recherche technologique rattachée au Pentagone et à la Maison Blanche, que reviendra la tâche d’orchestrer ce concours baptisé « AI Cyber Challenge ». Durant deux ans, des équipes composées des cerveaux de l’IA made in USA, comme Google, Microsoft ou OpenAI, plancheront pour créer des systèmes révolutionnaires. Leur mission : permettre de détecter et corriger automatiquement les failles de sécurité grâce aux algorithmes.
We are a technology partner in @DARPA's AI Cyber Challenge — an initiative to fix vulnerabilities in critical infrastructure: https://t.co/0z4z3WlMbW
— OpenAI (@OpenAI) August 9, 2023
« Les menaces changent, nous devons nous adapter plus vite que l’adversaire. Ce concours va catalyser l’innovation et nous doter d’outils à même de relever les défis de demain », a déclaré Perri Adams, figure de proue de la DARPA.
Un pari sur l’IA pour contrer des cyberattaques de plus en plus complexes
Si jusqu’ici la Maison Blanche s’était montrée prudente quant aux dérives possibles de l’IA, elle mise aujourd’hui sur son potentiel pour doper les défenses numériques américaines.
« Les récentes avancées en matière d’IA sont prometteuses pour sécuriser nos infrastructures vitales. Les outils traditionnels arrivent à saturation face à des attaques de plus en plus automatisées », analyse Anne Neuberger, conseillère à la sécurité nationale.
En s’appuyant sur la puissance de calcul des algorithmes, l’objectif est de réduire les délais de réaction, de compenser les angles morts humains et de fluidifier la coordination face à des offensives étrangères de grande envergure.
Un enjeu de souveraineté face à la menace grandissante de puissances rivales
Entre l’espionnage à grande échelle et les sabotages, les cyberattaques étrangères se multiplient contre les intérêts américains. Récemment, des hackers chinois ont infiltré les systèmes du Département d’État. Mais la Chine n’est pas le seul État pointé du doigt. De nombreuses opérations malveillantes sont également attribuées à la Russie, à l’Iran ou à la Corée du Nord.
Ces puissances rivales cherchent à s’accaparer des informations sensibles, à déstabiliser les infrastructures stratégiques et à voler des technologies de pointe. Leurs capacités offensives ne cessent de croître et de se sophistiquer, notamment via l’IA. Face à cette menace polymorphe qui sape insidieusement la souveraineté numérique des États-Unis, la riposte s’organise.
« Nous devons investir massivement pour conserver notre avantage technologique et dissuader nos adversaires », a déclaré le général Patrick Sanders, à la tête du Cyber Command.
Grâce à l’IA, la Maison Blanche espèrent ainsi contrer des rivaux comme la Chine ou la Russie, qui misent également sur le machine learning pour leurs opérations offensives. L’enjeu est clair : dominer la cybersécurité de demain pour préserver la souveraineté numérique de la première puissance mondiale.
Cependant, le déploiement de ces outils d’IA soulève des enjeux éthiques majeurs. Comment éviter la surveillance de masse et le sacrifice des libertés individuelles ? L’administration Biden-Harris assure avoir pris la mesure du défi. Elle promet que ce concours de la Maison Blanche permettra d’explorer les garde-fous nécessaires à un usage éthique de l’IA. La collaboration avec la société civile sera cruciale pour trouver le bon équilibre entre sécurité collective et respect des droits humains à l’ère du big data. Les défis sont immenses, mais les États-Unis disent être prêts à relever ce pari de l’IA, pour peu qu’elle demeure compatible avec les valeurs démocratiques américaines.