Zoom, la success story du télétravail pendant la pandémie, a décidé de sonner la fin de la récréation pour ses employés. L’entreprise californienne de visioconférence, qui permettait à ses salariés de travailler intégralement à distance depuis mars 2020, leur impose désormais de revenir au bureau au minimum 2 jours par semaine. Cette nouvelle politique s’applique dès la rentrée 2023 à tous les collaborateurs résidant à moins de 50 miles (80 km) d’un des sites de Zoom.
Zoom, le grand gagnant d’une crise sanitaire inédite
Au début de l’année 2020, personne n’avait entendu parler de Zoom. Pourtant, ce spécialiste californien de la visioconférence allait rapidement devenir un nom familier avec la pandémie de Covid-19.
Alors que des milliards de personnes se retrouvent brusquement confinées chez elles, Zoom tire parfaitement son épingle du jeu. Son interface intuitive séduit instantanément les entreprises contraintes de basculer en télétravail du jour au lendemain.
Le nombre d’utilisateurs explose littéralement, passant de 10 à 300 millions en quelques mois seulement. Zoom devient le symbole d’une success story éclair, portée par une crise sanitaire hors norme.
Côté financier, la croissance est tout aussi fracassante : entre 2019 et 2021, le chiffre d’affaires est multiplié par 4, franchissant le cap des 4 milliards de dollars.
La fin de l’euphorie avec le retour au bureau
Mais la crise sanitaire finie, la météorite Zoom est brutalement retombée sur terre. Avec la levée des restrictions, de nombreuses entreprises ont décidé de faire revenir leurs employés en présentiel, réduisant ainsi leur dépendance à l’égard des outils de visioconférence.
Conséquence : une chute de 27% du bénéfice net de l’entreprise début 2022. Puis ce sont 1300 postes qui ont été supprimés début 2023, lors d’un plan social massif. La direction a pris conscience que l’engouement pour ses solutions n’était que temporaire et lié au confinement.
Face à ce retournement de situation, la direction de Zoom estime nécessaire de montrer l’exemple. Selon elle, ce présentiel obligatoire 2 jours par semaine doit permettre de « mieux collaborer en équipes », « d’utiliser ses propres technologies » et « de continuer à innover » pour « mieux servir ses clients ».
Un discours étonnant de la part d’une société érigée comme modèle de flexibilité pendant la crise sanitaire. Mais Zoom semble suivre ainsi la tendance du marché, comme beaucoup d’autres entreprises.
Chez les employés, ce brusque changement des règles du jeu risque de provoquer des grincements de dents. Certains s’étaient habitués à organiser leur semaine en totale liberté. D’autres appréciaient les économies de temps et d’argent liées au full remote.
D’après un récent sondage commandé par Zoom, 45% des collaborateurs pourraient même démissionner si on leur imposait un lieu de travail unique. Difficile dans ces conditions d’imposer le présentiel sans heurter le moral des troupes, ou mesmo l’image de marque de Zoom.
Cette décision marque quoiqu’il en soit la fin d’une époque pour la star du « remote work ». A l’avenir, le modèle hybride mêlant télétravail et bureaux semble s’imposer chez la majorité des géants de la tech. Zoom ne déroge pas à la règle….