Google, Universal Music et l’IA s’allient pour l’industrie musicale

Promesses créatives mais aussi menaces sur l’art : l’industrie musicale sur la corde raide face aux avancées rapides de l’IA.
Google, Universal Music et l'IA s'allient pour l'industrie musicale
L'IA intégré à l'industrie musicale - © Midjourney

Alors que l’intelligence artificielle transforme de nombreux secteurs, l’industrie musicale semble entrer dans une zone de fortes turbulences avec l’émergence d’outils d’IA génératifs. La possibilité de produire mélodies, voix et chansons de manière automatisée fascine autant qu’elle inquiète les professionnels du milieu.

Certains y voient un potentiel créatif inédit, permettant d’explorer de nouveaux territoires musicaux. Mais d’autres s’alarment des menaces que cette technologie fait peser sur le métier d’artiste et l’essence même de la création musicale.

Les différentes initiatives autour de l’IA et la musique

Les géants du numérique sont à la pointe de ces innovations. Google a créé MusicLM, un modèle capable de transformer des descriptions textuelles en musique. Le groupe planche aussi, avec Universal Music, sur un outil qui permettrait aux fans de créer légalement des chansons avec des voix d’artistes, moyennant rémunération des ayants droit.

De son côté, Meta (Facebook) a lancé AudioCraft (lire l’article), des modèles open source pour générer de la musique et des sons à partir de texte. L’objectif est de stimuler la recherche dans ce domaine.

Certains artistes se montrent même enthousiastes, à l’image de Paul McCartney qui va utiliser une IA pour compléter une chanson inachevée des Beatles, ou de Grimes, favorable à l’exploitation de sa voix par des intelligences artificielle.

Les défis juridiques et éthiques

Mais d’autres voix s’élèvent pour tempérer cet enthousiasme, au nom du droit d’auteur et du consentement des artistes. Le chanteur Sting estime que « les outils doivent être contrôlés » et qu’on ne peut « laisser les machines prendre le relais ».

Récemment, la chanteuse belge Angèle s’est dite « perplexe » après la diffusion sur les réseaux sociaux d’une reprise du titre « Saiyan » imitant sa voix grâce à une IA. « J’ai peur pour mon métier », a-t-elle confié, manière d’alerter sur les risques de dilution du travail artistique.

Sur le plan juridique, la question des droits d’auteur applicables à ces œuvres d’intelligence artificielle reste floue et devra être clarifiée.

Les perspectives ouvertes par l’IA dans la musique

Malgré ces inquiétudes, de nombreux professionnels du secteur sont aussi fascinés par les nouvelles possibilités offertes. Selon une étude récente, 73% des beatmakers estiment que ces intelligences auront un impact majeur sur leur métier, en permettant par exemple de tester rapidement un grand nombre d’arrangements.

Certes, les créations de l’IA ne remplaceront pas le génie artistique humain. Mais elles pourraient devenir un précieux assistants pour les musiciens, ou donner naissance à de nouveaux courants hybrides mêlant l’humain et la machine.

L’industrie musicale se trouve donc à la croisée des chemins face à l’essor de l’intelligence artificielle. Les innovations dans ce domaine recèlent un potentiel créatif extraordinaire, ouvrant la voie à une nouvelle ère pour la musique où l’humain et la machine pourraient créer en symbiose.

Cependant, des risques existent aussi, sur la dilution du travail des artistes ou la standardisation des œuvres. Certains craignent même une disparition à terme du musicien au profit de la machine.

Le secteur doit trouver le juste équilibre, afin que les immenses possibilités offertes par l’IA soient mises au service de la créativité, et non l’inverse. Cela passera par un encadrement juridique protecteur des droits des créateurs, et par une réflexion éthique sur le consentement des artistes et l’attribution de la paternité des œuvres.

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